Cela faisait longtemps, que je n’avais écrit de petit article « Au fait.. ? ».
Voici…le Kosovo.
Le Kosovo, c’est là :
Un peu d’histoire :
L’interprétation de l’histoire étant radicalement différente si l’on prend le point de vue serbe et le point de vue albanophone, je n’ai gardé que les points sur lesquels tout le monde est (à peu près) d’accord, sauf pour l’histoire contemporaine. Pour l’actualité récente, j’ai choisi le point de vue de la communauté internationale. Ces choix n’engagent que moi, bien sûr.
Du 11e au 14e siècle : le Kosovo fait partie de l’Empire serbe. (christianisation)
Du 14e au 19e siècle: le Kosovo fait partie de L’Empire ottoman.(islamisation)
De 1918 à 1941: le Kosovo fait partie du royaume de Yougoslavie.
En décembre 1918, nait le royaume des Serbes, Croates et Slovène (qui devient ensuite Royaume de Yougoslavie), État qui se veut rassembler tous les Slaves du sud. Le roi serbe, Alexandre 1er, abolit les régions historiques et redessine les frontières intérieures. Le Kosovo, est incorporé au royaume et formellement rattaché au nouvel État. Après l’assassinat du roi en 1934, le prince héritier âgé de 11 ans, Pierre II de Yougoslavie, lui succède sous la régence du prince Paul. Ce dernier signe une alliance avec les nazis et les fascistes en 1941. Cette décision étant impopulaire, des manifestations ont lieu à Belgrade et le général Dušan Simović prend le pouvoir, exilant le prince Paul et met fin à la régence, donnant le pouvoir absolu au roi Pierre II, favorable aux Alliés.
De 1941 à 1945 : le Kosovo rattaché à la République D’Albanie sous l’occupation italienne
Hitler attaque la Yougoslavie en avril 1941. Le Kosovo, est inclus dans l’Albanie sous contrôle de l’Italie fasciste. La Serbie, elle, est directement contrôlée par l’Allemagne Les partisans communistes se développent sous la direction du croate Tito. Cette résistance ne faisant aucune distinction entre les ethnies, les peuples, les croyances et non croyances et obtient la confiance de la grande majorité des peuples slaves mais également celle du peuple albanais. Cette « résistance yougoslave » portera le slogan « mort au fascisme, la liberté aux peuples ». En novembre 1945, la monarchie est officiellement abolie, le pays devenant la République populaire de Yougoslavie.
1945 à 1989 : Le Kosovo, en tant qu’une Province autonome, rattaché à la République de Serbie au sein de la Yougoslavie
Tito reconnaît le « droit des Albanais à l’autodétermination ». Cependant, après que Tito a rompu ses relations avec Staline en 1948, le parti communiste albanais prend le parti de Staline et la frontière du Kosovo avec l’Albanie est alors fermée. La constitution yougoslave est amendée en vue d’accorder plus de contenu à l’autonomie de Kosovo, autonomie formellement déclarée en 1945. En pratique, le Kosovo a tous les droits d’une république mais il demeure juridiquement nominalement rattaché à la république de Serbie. Tito meurt en mai 1980, qui a pour effet de libérer progressivement les revendications nationalistes de tous les peuples. En mars 1981, des manifestations d’Albanais réclamant le statut de république tournent à l’émeute.
De 1989 à 1999 : suppression de l’autonomie du Kosovo par Slobodan Milosevic
Milosevic décide de supprimer l’autonomie constitutionnelle du Kosovo en mars 1989. Il dissout le parlement et le gouvernement du Kosovo et interdit l’emploi de la langue albanaise dans l’enseignement et les médias. Des chefs politiques albanais s’organisent en conséquence. En juillet 1990, une majorité des députés chassés du parlement publient une « déclaration constitutionnelle » faisant du Kosovo une république. Puis, après le référendum d’octobre 1991, l’indépendance du Kosovo est proclamée.
La commission Badinter, chargée d’examiner les demandes de reconnaissance pour les entités de l’ex-Yougoslavie, refuse d’examiner la demande du Kosovo. La République du Kosovo n’est pas reconnue comme telle par la communauté internationale. Kosovo sous la protection des Nations unies
En 1997, l’armée de libération du Kosovo entreprend une campagne de guérilla. Milošević lance une contre-offensive (lutte antiterroriste du point de vue serbe, massacre du point du vue kossovar). Après leur expérience en Croatie et en Bosnie, les pays occidentaux décident de réagir. Finalement, entre le mars et juin 1999, l’OTAN procède à des frappes aériennes sur la Serbie (Operation Allied Force) et contraint Milošević à se retirer du Kosovo. La région passe sous l’administration des Nations unies.
De 1999 à 2008, le statut du Kosovo est indéterminé,
ce qui paralyse son développement politique et contribue à une situation sociale tendue. Suite au vote de la résolution 1244 du conseil de sécurité qui autorisait l’établissement d’une autorité « administrative internationale civile », Bernard Kouchner est nommé Haut représentant de l’ONU de juillet 1999 à janvier 2001 en charge de l’administration du Kosovo. Il dirige l’assistance humanitaire, l’administration civile, l’économie, et l’élaboration d’institutions démocratiques.
En novembre 2005, l’ancien président finlandais Ahtisaari est mandaté par l’ONU afin de superviser les négociations entre le gouvernement serbe et le gouvernement kosovar sur le statut final du Kosovo. Des pourparlers entre le gouvernement du Kosovo, la diplomatie européenne et le gouvernement serbe prennent place entre mars 2006 et mars 2007.
En mars 2007, Ahtisaari soumet ses propositions sur le statut final du Kosovo au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il prévoit d’accorder au Kosovo le statut d’État indépendant, sous le contrôle de la communauté internationale. Les Etats-Unis et l’Union Européenne apportent leur soutien au plan tandis que la Serbie y est fermement opposée, l’indépendance du Kosovo constituant la perte d’environ 15 % de son territoire. En outre, le Kosovo est considéré par beaucoup en Serbie comme le « berceau du peuple serbe », un symbole de son identité et de son histoire.
La Russie, estimant nécessaire de trouver un compromis entre les positions serbe et albanaise, menace d’utiliser son droit de veto à l’ONU si une résolution visant l’indépendance était votée.
Les Albanais musulmans (90 % de la population) refusant autre chose que l’indépendance alors que les Serbes orthodoxes (5 % de la population aujourd’hui mais 8 % avant que plus de 200 000 personnes aient été contraints de quitter la province) sont prêts à donner tout sauf l’indépendance, il y a un statu quo qui ne satisfait personne et notamment pas les Européens qui ont des troupes sur place.
La Russie prône la poursuite du dialogue entre Belgrade et Priština pour que les intérêts des deux parties soient respectés. En mai 2007, à l’occasion de la première visite d’un président américain au Kosovo, Georges W.Bush refuse un « dialogue sans fin » sur la région et menace de passer outre à l’opposition de la Russie pour établir l’indépendance de la province serbe à majorité albanaise.
Le président russe Vladimir Poutine déclare alors que la mise en place du plan retirant à un membre de l’ONU 15 % de son territoire est contraire à la Charte de Nations Unies. La Russie juge prématuré de définir le statut de la province sans tenir compte de la position du gouvernement serbe.
Les négociations sur le statut du Kosovo entre les autorités serbes et kosovares demeurent dans l’impasse, les premières ne parlant que d’une large autonomie du Kosovo au sein de la Serbie, les secondes ne voulant que l’indépendance.
La médiation « onusienne » et internationale n’est pas arrivée à trouver un terrain d’entente entre les parties, malgré la date butoir fixée au10 décembre 2007.
Depuis 2008
Le 25 janvier 2008, le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, et le premier ministre kosovar Hashim Thaçi décident d’apporter une « solution coordonnée » au problème du Kosovo. « les parties estiment d’un commun accord que le règlement de ce problème [devra] être dûment préparé et coordonné », le Premier ministre kosovar assurant que la sécurité de la minorité serbe sera garantie après l’indépendance.
De son point de vue, la Russie considère qu’il n’existe toujours pas d’alternative raisonnable au règlement négocié de ce problème sous l’égide de l’ONU. Une proclamation unilatérale de l’indépendance violerait – selon elle – la Charte des Nations unies.
Le 17 février 2008, le parlement de la province, vote le texte proclamant l’indépendance du Kosovo . Le nouveau gouvernement de la république du Kosovo n’exerce toutefois pas un contrôle réel sur la partie nord du pays, les populations d’origine serbe y étant majoritaires. Les Serbes du nord du Kosovo demandent leur rattachement à la Serbie
Plusieurs États s’opposent à la reconnaissance de cette nouvelle République indépendante : lla Grèce, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, Chypre, l’Espagne et surtout la Russie.
Le 10 septembre 2012, le Kosovo, après l’indépendance, obtient sa souveraineté, c’est-à-dire la fin officielle de la supervision internationale. La situation n’est pas stable pour autant, la question des serbes du nord restant un problème majeur.
Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Kosovo
Les deux lectures de l’histoire du Kosovo : http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/kosovo/histoire
Point de vue serbe sur le Kosovo : http://kosovo.voila.net/histoiregeo.html
L’accès à la souveraineté : http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/09/08/le-kosovo-accede-a-la-pleine-souverainete_1757446_3214.html