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Dans ma série  d’articles (je sais, ce n’est que le deuxième) des « Au fait… ? », je vous propose aujourd’hui la Tchétchénie. Théatre d’une guerre pour son indépendance, cette région a disparue de nos JT.

D’abord.. ben oui… un petit historique.


1-    Histoire

La Tchétchénie fait partie du caucase, une région montagneuse dans le sud de la Russie :

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La Tchéchénie fait partie de la fédération de russie, et voici ses voisins :

300px-Tchetchenie

 

 

Dans le caucase, des dizaines de peuples cohabitent, les uns présents depuis des milliers d’années, d’autres depuis quelques siècles comme les Russes. Les populations peuvent être classées  :

          – le groupe caucasique, présent depuis la préhistoire (les Géorgiens,  les Tchétchènes, les Abkhazes, les  Ingouches, les Tcherkesses… )

         –  les russes

          – les peuples issues de la Turquie (les Azérus, les Koumyks, les Balkars…) 

          – les Kurdes


La Russie cherche à s’étendre dans le caucase à partir du XVIIe siècle, mais la « russification » ne commence qu’à la fin du XVIIIe siecle. La résistance des peuples autochtone ne prend fin qu’en 1859, avec la rédition de l’émir Chamil, l’une des figures emblématique de la résistance.  La Russie incite à l’installation de russes dans le caucase, au détriment des populations locales.


Conséquence de la révolution bochévique russe, de nombreux Cosaques (russes), qui avaient massivement collaboré avec les troupes de l’Armée blanche de l’ancien régime, sont expulsés de leurs terres caucasiennes, ce qui entraîne une augmentation la proportion de la population autochtone.

En 1922, les Tchétchènes constituent pour la première fois une structure administrative distincte, la Région autonome de Tchétchénie, avec un certain degré d’auto-gouvernance. En 1936, la région est incorporée dans la République socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie. Cette république est supprimée par Staline puis rétablie par Khrouchtchev

 

Peu de temps avant la dislocation de l’Union soviétique, un mouvement d’indépendance se forme. Le général Douadaev prend le pouvoir à la suite d’un coup d’État mené le 5 septembre 1991 par un « Comité exécutif du Congrès national tchétchène ». L’indépendance est déclarée le 2 novembre 1991, mais elle n’est reconnue par aucun Etat, sauf l’Afghanistan.


Deux conflits majeurs armés éclatent alors entre le gouvernement fédéral et les groupes armés tchétchènes en 1994-1996 et en 1999-2000.


 1ere guerre de Tchétchénie : 1994-1996

L’attaque surprise de l’armée russe en 1994 sous le commandement de Boris Eltsine, a pour but de faire rentrer la Tchétchénie « dans le rang ». Mais la guerre s’avére un échec militaire et humanitaire pour la Russie qui rencontre une résistance forte. Malgré la prise de Grozny, la guerre se transforme en un véritable bourbier avec d’énormes pertes humaines et matérielles des deux côtés. La Russie accepte de signer en août 1996 à un accord de paix conduisant à un statu quo laissant à la Tchétchénie une auto-gouvernance de facto en échange d’une promesse du report des pourparlers sur l’indépendance


 2e guerre de Tchétchénie : 1999-2000

La vague d’attentats en Russie déclenche la deuxième guerre en septembre 1999, sous le commandement de Poutine. L’opération se solde par un rapide succès russe et la prise de Grozny par les forces fédérales russes en janvier 2000. Poutine instaure la gouvernance directe de Moscou dans la République.

Dès la fin des hostilités, la plupart des combattants indépendantistes, profitant de l’amnistie accordée par Poutine, déposent leurs armes. Cependant, plusieurs dizaines de milliers de combattants rebelles se réfugient dans les montagnes et les forêts, d’où ils continuent à mener des opérations de guérilla contre les troupes russes et tchétchènes pro-fédérales.


Une série d’élections a lieu avec pour but proclamé la restauration de l’ordre constitutionnel en Tchétchénie, en s’appuyant sur un clan fidèle à Moscou (le clan Kadyrov). La majorité des forces russes sont remplacées par les organes de maintien de l’ordre locaux.

Les électeurs tchétchènes adoptent la Constitution fédérale russe, réintégrant ainsi la république tchétchène au sein de la Fédération russe. Le résultat de ces élections est très contestable aux yeux de certains observateurs internationaux.

(voir ici : http://www.er.uqam.ca/nobel/cepes/pdf/vol4no7.pdf )

 

 Pour les autorités, la deuxième guerre est terminée depuis longtemps mais la Tchétchénie reste officiellement sous le régime dit «d’opération antiterroriste » jusqu’en avril 2009

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La situation reste néanmoins instable, comme en témoigne l’attentat du 31 aout 2011 à Grozny, qui a fait 9 morts (voir cet article:http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201108/31/01-4430432-un-attentat-fait-9-morts-en-tchetchenie.php ) et les journalistes, qui ne vont pas dans le sens « officiel », le paient de leur vie (comme Natalia Estemirova ou Rayana Sadoulaeva, voir l’article de France-Tchetchenie Solidarité : http://ftsnancy.wordpress.com/tag/oyub-titiev/)

 

(le texte est librement inspiré de wikipedia)