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En ces temps de crise, on voit fleurir des discours du type «  y en a marre de ces assistes » (comprendre : les gens qui reçoivent des aides, mais les aides que moi je perçois, j’ai cotisé, alors merde, j’y ai le droit), et « supprimons les niches fiscales » (comprendre : celles dont les autres beneficient, les miennes, pas toucher !)

 

Que dire de ces « assistés » ?

 

Pour commencer, je dirais que les personnes qui reçoivent des aides ne volent pas l’argent, l’Etat leur donne selon un certain nombre de critères. Aussi, si l’on estime que les aides n’atteignent pas le but fixées (par exemple, les allocations chômages incitent « à glander » plutôt qu’à chercher du travail), je crois qu’il est peut être nécessaire de repenser le système qui donne droit à ces aides, plutôt que d’attaquer intuitu personae les personnes qui les reçoivent.

 

Chaque système d’aide a été créé pour répondre à un besoin particulier de la population, avec pour objectif un effet induit. Par exemple, le système, au sens large, d’allocations familiales, a pour but d’aider les familles à faire face aux dépenses engendrées par l’enfant, avec pour objectif de favoriser la natalité. A mon sens, les systèmes d’aides devraient être régulièrement passés en revue pour s’assurer qu’elles répondent au besoin d’une part, et qu’elles engendrent bien l’effet induit escompté d’autre part. Le but étant de réorienter avec des objectifs à long terme, plutôt que de faire des bidouilleries (augmenter l’aide truc de 2%, diminuer l’aide machin de 1%, remettre un critère à l’obtention de l’aide bazar…. Sans vue d’ensemble)

 

Je vais développer le systèmes d’aide du chômage (pardon, l’Aide au Retour à l’Emploi) et mes interrogations sur le sujet, en espérant avoir vos commentaires !

 

Cette aide est calculée en fonction du nombre de jours travaillés avant la rupture du dernier contrat (ce qui détermine la durée des allocations) et en fonction du précédent salaire (ce qui détermine son montant).

L’objectif est d’assurer à l’allocataire une aide pour subvenir à ses besoins (prets en cours, nourriture, chauffage, etc), afin qu’il puisse chercher sereinement un nouvel emploi.

Seulement voilà, on entend parfois des « il touche plus d’argent à rien faire, que s’il reprenait un travail » « pourquoi elle chercherait du travail maintenant, elle a deux ans de salaire assuré ».

Pour pallier le « travers » qui consisterait à « attendre la fin des allocs » avant de rechercher un emploi (noter les guillemets, car perdre son travail, c’est être exclus de la vie « normale », c’est des journées sans rien à faire… et c’est déprimant !!), le Pole Emploi est en charge de recevoir régulièrement chaque demandeur. Tout allocataire se doit d’accepter une Offre Raisonnable d’Emploi, sous peine de risquer la radiation (et donc de ne plus percevoir l’allocation).

 

Autrement dit, on a un système qui, semble-t-il, n’incite pas au retour à l’emploi (noter le semble-t-il, toujours pour les mêmes raisons) et donc au lieu de modifier le système, on invente un système, répressif, pour remédier au problème. Le bâton plutôt que la carotte, en somme.

 

Et si l’on imaginait un système :

          où les allocations seraient basées non pas sur le salaire précédent mais sur les charges du chômeur ? (Suspension des prêts, forfait nourriture/chauffage/transport en fonction du nombre de personnes à charge et de la localisation géographique…)

          où les agences Pole Emploi seraient spécialisées par grande famille de métiers pour permettre aux agents de mieux aider ?

          où les agences Pole Emploi seraient adossées aux CCI, chambre d’agriculture, syndicats professionnels, pour proposer plus facilement des formations débouchant sur un emploi ?

–      ….?

 

Qu’en pensez-vous ?