Ca y est, la Somalie refait la Une de nos JT, après 20 ans de « non évènements », enfin, uniquement vu de nos fenêtres.
Après une petite rétrospective sur ce pays, je vous propose une réflexion/interrogation sur le droit d’ingérence, l’ingérence humanitaire.
La Somalie a été colonisée au nord par la Grande Bretagne, région appelée Somaliland britannique. Au sud, c’est l’Italie qui étend son contrôle sur des territoires appelés Somalia. En 1960, les deux territoires, Somalia et Somaliland, devenus indépendants, décident de fusionner en un seul état, la Somalie.
Le premier président du pays est élu en 1960. Un groupe de militaires prend le pouvoir en 1969 et choisit la voie socialiste pour le pays (nationalisation de la plupart des secteurs économiques). La sécheresse de 1974 et en 1975 cause une famine généralisée.
En 1977, les Somalis vivant dans la région de l’Ogaden en Éthiopie s’engagent dans une lutte armée pour leur rattachement à la Somalie. Ils sont soutenus et armés par la Somalie, qui envoie des troupes. En 1978, l’Éthiopie, lance une contre-attaque et reprend le contrôle de la région. Les hostilités avec l’Éthiopie continuent jusqu’en 1988 (accord de paix).
S’ensuivit une guerre civile entre 1991 et 1992, opposant les différents clans. En décembre 1992, le président américain G. Bush (père) décide d’envoyer des troupes américaines (opération Restore Hope). Bernard Kouchner lance alors l’opération « du riz pour la Somalie » dans les écoles de France.
Cependant, les combats entre clans continuent de plus belle. Face à l’échec des négociations, et face aux importantes pertes humaines tant internationales que somaliennes, les Américains, puis les Français, se retirent et l’ONU restreint ses actions à la seule aide humanitaire.
Depuis, le morcellement politique a conduit à l’éclatement du pays :
– Le Nord-Ouest, l’ancien Somaliland, s’autoproclama République du Somaliland en 1997.
– En 1998, le Puntland se déclara lui aussi autonome
– De nombreux territoires se déclarent autonomes, et la carte de la Somalie ressemble à ça :

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Somalie
Et revoilà la sécheresse qui frappe durement, à cause notamment de ce morcellement politique et des rivalités entre factions.
Face aux images de gens affamés, particulièrement les enfants, l’élan du cœur dit « allons les aider ».
Mais les aide-t-on vraiment ? en leur apportant de la nourriture, ne les maintenons pas dans la dépendance ? A contrario, comment peut-on les laisser mourir sans rien faire ? L’aide à long terme est-elle plus efficace pour rendre un pays autonome ?
Il n’existe évidemment pas de réponses faciles à ses questions (sinon, bien sûr, la solution aurait été appliquée). Qu’en pensez-vous ?
I.Zlato
Histoire de la Somalie :
Université de Laval, Québec : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/somalie.htm
Chronologie par Le Monde http://www.lemonde.fr/web/module_chrono/ifr/0,11-0@2-3212,32-773723@51-754471,0.html
Position de la France : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/somalie_383/index.html
Actualités :
Radio France Internationale : http://www.rfi.fr/tag/somalie
L’hebdomadaire Jeune Afrique : http://www.jeuneafrique.com/pays/somalie/somalie.asp
Info Internets : http://www.afrik.com/somalie
J’ai effectivement tendance à penser qu’une aide à long terme serait plus efficace pour tout le monde (tant pour le pays aidé que pour ceux qui cesseraient de verser de l’argent). Permettre aux
populations de vivre par elles-mêmes plutôt que de « juste » envoyer de la nourriture.
Seulement, pour mettre en place ce genre de solution de manière efficace, il faut pouvoir le faire à l’échelle du pays (car bon, aider un village, c’est bien pour le village, mais ça peut sembler
assez dérisoire au final). Et pour pouvoir le faire à l’échelle du pays, cela ne peut être qu’en collaboration étroite avec le gouvernement en place. Encore faut-il qu’il soit stable, et que le
bien-être de ses « petites gens » l’intéresse un minimum. Et quand ça n’est pas possible, à part prendre la place du dit gouvernement, en déclenchant « si besoin » une guerre, que faire ?
La réponse semble être envoyer de l’argent, envoyer des vivres, envoyer des médicaments, pour au moins, avoir un peu bonne conscience…
Avoir bonne conscience, c’est exactement ça…
bah ma foi pas grand chose à part tout ce que tu viens de dire ! on sait que le modèle parfait serait l’aide humanitaire d’urgence car nécessaire vu les populations menacées … pour ensuite les
aider à récupérer le contrôle de leurs différentes ressources … mais comme tu le dis si bien … tant que la politique n’est pas stable on ne peut pas faire grand chose … je ne sais pas si il y
a des intérêts en Somalie (pétrole, mines etc. ? ) mais si c’est le cas, l’occident se gardera bien de ne plus faire d’ingérence … bien au contraire …
tout a fait! malheureusement…
Surpopulation, islamisme, rivalités tribales, seigneurs de la guerre, trafics, piraterie … l’aide d’urgence n’est qu’une solution … d’urgence. Une intervention TRES musclée de la communauté
internationale pour dire « ARRÊTEZ LES CONNERIES »? On n’osera pas.
En Somalie, peut-être pas. Mais les reactions musclées que les pays occidentaux ont pu avoir dans d’autres pays, n’ont pas vraiment été couronnées de réussite (c’est un euphemisme)….