Défendre une cause : peut-on trop en parler ?
Quand on a une cause à cœur, on veut que tout le monde sache, comprenne, partage, participe… Alors on fait des articles, des réunions publiques, on en parle autour de nous, on partage les billets qui parlent du sujet, on signe des pétitions, on colle des affiches… On y met toute notre énergie.
Tout le monde doit savoir ! Je veux que les gens soient d’accord avec moi ! La cause est trop importante !
Et si en faisant cela, on se torpillait ?
Dans les médias, les sujets sont abordés, répétés, et répétés encore puis… plus rien. Qui parle aujourd’hui de la couche d’ozone ? Personne. Et qui s’en préoccupe ? Ben…
Est-ce que saturer le paysage avec un sujet, puis le passer sous silence est efficace ? Ne vaut-il pas mieux en parler un peu mais tout le temps ?
Ca en fait, des questions…. et je voulais partager avec vous mes pistes de réflexions.
En parler un peu tout le temps, c’est…
… N’atteindre finalement personne
Il y a tellement de choses à voir, à lire sur les réseaux sociaux, les médias…
Qui n’a jamais loupé la publi Facebook d’un ami ? « Ah bon, t’as posté une super photo ? Pas vu, désolé… »
Et qui n’a pas fait de bide avec une publi ? « Beuh, personne n’a liké… c’est trop injuuuuste ! »
« Ah bon, il s’est passé ça la semaine dernière ? Pas vu, pas entendu… mais j’étais en vacances aussi, alors…. »
C’est le risque de parler juste un peu de sa cause. Les gens passent à côté. Pas par méchanceté, parce qu’ils ne nous aiment pas, ou… non, ils n’ont juste pas vu.
… Créer un bruit de fond que personne n’écoute
Mais on est persévérant. Alors, régulièrement, on reparle de notre cause. Mais juste un peu, histoire de ne pas gêner/ déranger/ ennuyer (rayer la mention inutile). Et plus personne n’entend. Le sujet est une litanie, qui fait partie du paysage…
Qui n’a jamais zappé quelqu’un, qui était en train de vous parler?
« Et c’est reparti ! Il/Elle va encore me parler…. Je n’écoute pas, ça va être comme d’hab…»
Trop en parler puis laisser de côté, c’est risquer…
…D’agacer
« Mais ils nous emm*** avec ça ! On ne pourrait pas passer à autre chose ? »
« La prochaine fois que je vois un pop-up de pub pour Truc, je te promets, l’ordi passe par la fenêtre »
« J’en peux plus de leurs barrages/grève/sitting/manif, ça fait des jours/semaines/mois que ça dure. Je voudrais juste aller bosser tranquille… »
Ben oui. C’est comme ça, il y a des jours où on en peut plus. Alors la cause défendue, on ne peut plus la voir en peinture… tout le contraire de ce qui était voulu !
…De tomber dans l’oubli
« Ah bon, il y a une guerre au Machinstan ? T’es sûr ? J’ai oublié. »
« L’association pour la défense des Bisounours ? Nan, je t’assure, ça ne me dit rien… »
Parce qu’on ne peut pas se souvenir de tout. Les sujets passent… et on oublie.
Mais alors, Comment je fais pour défendre ma cause ? J’ai l’impression de parler dans le désert! Nan, parce, au cas où tu n’aurais pas compris, elle est importante. Il faut vraiment agir !! Puisque je te le dis ! Tiens, voilà un autocollant pour ta voiture ! Tu ne veux pas ? Comment ça ???
Parler dans le désert… pourquoi les gens ne réagissent pas?
Si on dépense autant d’énergie,
si on veut saturer les ondes,
ou en parler un peu mais régulièrement,
c’est parce qu’on attend une réaction des gens. Ben oui, c’est le but, non ?
Mais alors, pourquoi ils ne réagissent pas, ou pas autant que l’on voudrait ? Bord** ?
Ils ne savent pas quoi faire
Eh oui ! Tout à notre cause, on oublie de dire ce qu’il est possible de faire !
Un bon exemple, c’est l’écologie. On montre des reportages, la glace qui fond au pôle Nord, la pollution de la mer, etc.
« D’accord, d’accord, elle n’est pas contente la planète… et qu’est-ce que je peux y changer, moi ? »
Donner le problème, c’est bien, donner des pistes pour agir concrètement, c’est mieux…
Ils ne se sentent pas concernés
« La glace qui fond ? Et alors, ça me fait quoi à moi, la glace qui fond ? Ça va changer les horaires du RER ? Les prix des tomates ? Nan, alors je m’en fous ! »
Impliquer le destinataire du message… lui montrer comment le sujet a un impact sur sa vie à lui… pour qu’il se sente concerné. Mais il ne faut pas rêver. Il y aura toujours des personnes qui ne se sentiront pas concernés.
Ils ne comprennent pas
« C’est quoi ce reportage ? Le niveau d’acide Pingouinique augmente dans les conduites Montgolfières ? J’ai rien compris »
Si le message n’est pas clair, on l’oublie aussi vite. Comme les cours de chimie/maths/français/informatique (rayer la mention inutile)
Ils ne sont pas d’accord
Et ça, c’est le plus dur à entendre, parce qu’on y croit, à sa cause, forcément.
« La pollution ? Nan, c’est des conneries. C’est le gouvernement, je dis, il veut te dicter comment tu dois vivre, manger… C’est juste la mise en place d’un système totalitaire. Mais puisque je te le dis ! »
Il se faire une raison, on ne peut pas convaincre tout le monde. Il y aura toujours des gens pour ne pas être d’accord….
Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà défendu une cause ? Quel a été votre engagement ? Est-ce que le résultat a été à la hauteur de vos attentes ?
Trop de tout et effectivement on zappe.
Il y a tout de même les « lanceur d’alerte » mais ça reste marginal
Dans un autre registre, il ne faut pas oublier que certains font « du fric » en se posant comme défenseur des bonnes causes.
Pas étonnant que le pékin moyen se détourne et préfère vaquer à ses occupations
C’est vrai que lorsqu’on défend une cause à laquelle on croit, et que l’on s’aperçoit que le leader en profite pour s’en mettre plein les poches, on se sent trahi et en colère. Pour autant (je suis un vrai schtroumpf par moment), j’ai envie de croire qu’il existe de nombreux engagements sincères, et des causes qui en valent la peine.
Merci pour l’article
intéressant. Pour moi, il faut trouver un équilibre. Trop en parler, on risque
de s’aliéner… mais il faut quand même montrer sa passion pour une cause.
Votre exemple de Facebook comme réseau social m’intéressait. Oui, c’est un
réseau que tout le monde utilise, mais dans mon expérience c’est utilisé en
gros pour des mises-à-jour bêtes et personnelles, et je n’en utilise pas vraiment
(sauf pour la messagerie etc.) A mon avis, si on a quelque chose à dire sur le
monde, les actualités, la justice sociale etc., c’est mieux de le partager sur
des réseaux un peu plus adaptés et ouverts, comme Twitter. Là, il y a plus de
gens qui écoutent.
Tout est dans l’équilibre, c’est sûr… mais si difficile à trouver! Pour twitter, vous avez certainement raison, mais je le connais très mal. Il faudrait que je m’y intéresse de plus près 🙂
Ah oui, je vous conseille de l’essayer ! J’aime bcp Twitter.