( l’image provient de ce site: http://ecole.st.trivier.free.fr/)
A l’heure l’on parle de reforme scolaire (comme tous les ans, et aussi en prévision d’une certaine election l’an prochain),
je voulais m’interroger sur les objectifs que l’on pourrait souhaiter pour cette institution. Parce que réformer pour améliorer, bon, encore faut-il savoir dans quelle direction on veut aller. Des principes généraux on peut alors définir une stratégie à long terme, puis les réformes à mener sur court et moyen terme, et enfin définir les moyens.
De ma petite fenetre, je vois que l’on parle de réformes directement, sans forcément réfléchir aux objectifs. Ou alors c’est tellement évident que personne n’en parle, et chaque categorie de protagonistes a son opinion sur la question qu’il croit universel, d’ou des conflits…..??
Je vous livre quelques elements issus de ma reflexion, en attendant vos commentaires, qui sont toujours pertinents!
Je vois deux objectifs fondamentaux pour l’école:
1- Apprendre à devenir un citoyen français, européen et mondial
Pour moi, un citoyen est un personne qui est capable de vivre dans la société dans laquelle il est, en connaissant ses droits et ses devoirs.
Pour être capable de vivre dans notre monde, il faut comprendre et se faire comprendre:
– savoir lire (et comprendre ce qu’on lit)
– savoir écrire (sans fautes, ou disons avec un nombre de fautes qui n’empeche pas la comprehension par le lecteur)
– compter (les quatres opérations) et jauger le résultat (10% de réduc sur 40 euros qui font 39 euros, ne serais-je pas en train de me faire arnaquer???)
– connaitre les bases des sciences (bio, physique, chimie, mécanique) pour comprendre les enjeux (pour ou contre le nucléaire, les OGM, la recherche sur une cellule souche, la construction d’un pont ici plutot que là….)
Un citoyen français, européen, mondial:
un peu d’histoire, de littérature et de géographie pour comprendre d’ou l’on vient et où on en est actuellement
Connaitre ses droits et ses devoirs:
– connaitre, en gros, les compétences et les attributions des gens pour qui l’on vote (conseil municipal, general, regional, deputes, president de la republique, sans oublier le parlement europeen)
– les regles de bases de la vie en société. Un peu de code civil, code du travail, code pénal…. pas pour devenir spécialiste evidemment, mais cela aide à la compréhension de beaucoup de choses. Les bases du systeme judiciaire (si j’ai un probleme, je dois voir quel tribunal?)
Evidemment, toutes ces notions s’apprennent dans le temps, et consistue, à mon sens de modeste citoyenne lambda, ce que l’on devrait tous connaitre, pour pouvoir vivre dans notre société.
2- Apprendre un métier
Une fois que l’on est « citoyen », au sens ou je l’ai présenté plus haut, et bien l’école doit nous apprendre un métier.
Un métier dont la société a besoin (devenir spécialiste du ver de terre de siberie est certainement passionnant et utile, mais ne necessite certainement pas des milliers de diplomes sur le sujet par an…).
De ce côté, je trouve que l’on démarre tres mal avec les écoliers. Combien de fois je me suis entendue dire « qu est ce que tu veux faire? qu est ce qui te plait? » Comme si tout etait possible, dans un monde de schtroumpf, avec boulot infini et surtout capacite infinie de l’enfant.
Alors j’ai répondu, et je me suis accrochée à une certaine idée de métier, pour m’entendre dire quelques années plus tard, finalement, que le poste convoité recrutait au mieux 10 personnes par an, et surtout que je n’avais pas les capacités. Un peu rude non?
Pourquoi ne pas orienter la réflexion de l’éleve, en fonction de ses facilités, de son potentiel? Beaucoup moins de deceptions à la clé… De plus, la voie choisie le serait positivement:
-« je vais devenir menuisier parce que je suis doue de mes mains et que j’aime l’odeur du bois » Et non « je suis une quiche en maths et français, faut bien que je fasse quelquechose »
– « je vais en section scientifique parce que je suis doue en maths/physique et que je vise tel metier » et non » je suis pas trop nul dans les matieres generales, je vais là car il y a plus de possibilties par la suite, ca m’évite de choisir maintenant »
Ensuite, une fois une orientation choisie, la formation au métier proprement dite. Pourquoi ne pas faire de l’alternance la voie générale? et garder les études théoriques pour ceux qui veulent devenir chercheurs?
L’alternance est une très bonne formule pour apprendre son métier, puisque…. on le pratique!
Voilà les réflexions du jour. Vous povuez me taxer d’idéaliste, j’assume!
Tout à fait d’accord et il ne faut pas donner aux profs le boulot de ce qui doit être enseigné par les parents …
Bah une fois de plus je te suis à 100% dans ta réflexion … tu vois juste … vive l’alternance (non ce n’est pas exploiter de pauvres gosses mais leur apporter une expérience en + de la théorie
… j’ai testé !!!) … oui à l’instruction civique, non pas à des fins purement patriotiques voire carrément nationalistes mais juste pour comprendre dans quel système on vit … forcément la
forme de ces cours a tjs été catastrophique et soporifique donc il faudrait concevoir des cours moins chiants (soyons francs) pour intéresser tout le monde ! et ton analyse de l’orientation est
très pertinente, je n’aurais pas trouvé de tels mots pour l’exprimer, bravo !
merci beaucoup, ton compliment me touche!
a chacun son role!
C’est quand même super compliqué…. 🙂
comme sujet ou comme article? 🙂
Ayant roulé ma bosse durant 35 ans dans l’enseignement, je n’en ai toujours pas saisi toutes les ficelles! Il s’agit là d’un gigantesque tonneau des Danaïdes, que l’Etat, de tout temps a arrosé
plus que les autres … pour n’en récolter qu’une superbe grande sécheresse!..
L’éducation nationale, vue de mon côté, est une immense toile d’araignée, super bien tissée, à tel point que pour avancer dessus, il vaut mieux mettre une paire de palmes pour ne pas l’abimer. Ce
que tous les ministres, de droite comme de gauche ont très bien fait, sauf un, Claude Allègre, qui a osé comparé l’EN à un « mamouth » … et qui s’est fait virer promptement!
Ceci étant dit, j’apprécie beaucoup l’analyse d’Irène,claire et concise.
La réflexion sur la première partie est excellente. Bonnant malant, le long défilé des ministres de l’EN s’y attelle, au primaire et en collège (tronc commun). Ainsi, L. Chatel veut ajouter une
petite touche de « morale », ce qui en soi est bon.
Pour la 2° partie, c’est là que le bas blesse.Tout d’abord à cause d’opposition d’idéologies fortes. Ensuite, parce que la mentalité française basée sur l’élitisme est telle, qu’une orientation
technologigue choisie pour un élève est immédiatement vue comme un échec.
… Et pourtant Irène, tu mets là le doigt sur la vraie route à prendre pour l’éducation d’un jeune. L’aider à trouver lui même ce qu’il désire faire, puis l’aider à mener à bien son projet. Cela
serait d’ailleurs super pour tous. Ainsi, comme l’exprime Babidgi, les courts seraient moins chiants pour l’élève … comme pour le prof!
Merci pour ce point de vue d’enseignante!
Je suis d’accord avec bon nombre de choses, néanmoins je ne distingue pas l’éducation scolaire de l’éducation civique.
Concernant la composition des programmes je te rejoins en ajoutant que la variation des matières est importante et c’est d’ailleurs prouvé scientifiquement qu’un élève pratiquant la musique,
s’intéressant aux Arts (qui peuvent être aussi bien classique que contemporain comme le Street Art) et pratiquant du sport se développe d’une meilleure manière. Mais il faut de la volonté et de la
concentration, qui s’acquiert aussi bien a l’école qu’à la maison. Je pense qu’on néglige trop le rôle des parents dans l’échec scolaire actuel notamment dans les zones sensibles sans être aveugle
non plus sur leurs problèmes de tous les jours.
La société d’aujourd’hui joue un rôle important aussi, et on ne peut pas dire que tout ce qui nous vient d’Amérique nous aide (j’ai d’ailleurs du mal a comprendre comment certains peuvent qualifié
les Etats-Unis de modèle alors qu’on voit clairement le résultat)
Pour résumer, il faut avant tout pour bien se comporter en petit groupe (l’école) que les parents éduquent avec bon sens leur enfant en bas age, afin que l’éducation nationale puisse faire son
boulot correctement, et lui permettre l’acquisition d’une méthode de travail qui va donner la possibilité à l’individu, une fois adulte, de continuer à se cultiver. Seulement si il y a un grain de
sable dans le rouage dès le début on arrive à ce qu’on voit aujourd’hui …
Enfin c’est ce que je pense je n’en fait pas vérité absolue
Irène a raison. Les parents pensent tout savoir et c’est encore pire depuis l’avènement d’internet.
Le summum de cela c’est en Grande-Bretagne avec les projets « des écoles libres » …
Personne n’a la vérité absolue, mais j’aime bien ce que tu dis!
Certes!
Certains dirigeants croient aux vertus de l’alternance pour leurs enfants. Ainsi préconisent-ils de diriger un EPAD de banlieue pendant la poursuite de leurs études de droit. Hélas, le bon peuple
ne fut pas convaincu par cette innovation pédagogique.
Excellent!