(attention, article sujet à polémique)
A l’heure où une loi est en préparation pour autoriser les couples homosexuels à adopter, je me suis demandée si la parentalité était un droit.
Qu’est-ce qu’un droit ?
Un droit est garanti par la loi, qui définit des critères pour donner accès à ce droit. En dehors de ces critères, nul ne peut restreindre l’accès à ce droit, car « les hommes demeurent libres et égaux en droit ».
Par exemple, le droit de vote : sous des conditions de nationalité et d’âge, chaque citoyen a le droit de vote. Ce droit peut lui être retiré par une décision de justice, comme sanction suite à un délit. On parle de déchoir la personne de ces droits civiques.
La parentalité est-elle un droit ?
1) OUI
Dans ce cas, en fonction de certains critères, chaque individu a le droit d’être parent. A contrario, une personne peut être déchue de ces droits de parents, sur décision de justice, notamment dans des cas graves de maltraitance.
Aussi, si la parentalité est un droit, encore faut-il déterminer les critères d’accès à ce droit. Arrive à ce moment-là, les droits de l’enfant.
La déclaration des droits de l’enfant dit, entre autre :
« L’enfant doit bénéficier d’une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités par l’effet de la loi et par d’autres moyens, afin d’être en mesure de se développer d’une façon saine et normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté et de dignité. L’enfant a droit à une alimentation, à un logement, à des loisirs et à des soins médicaux adéquats. L’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d’amour et de compréhension. Il doit, autant que possible, grandir sous la sauvegarde et sous la responsabilité de ses parents et, en tout état de cause, dans une atmosphère d’affection et de sécurité morale et matérielle L’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d’exploitation, il ne doit pas être soumis à la traite, sous quelque forme que ce soit. L’enfant doit être protégé contre les pratiques qui peuvent pousser à la discrimination raciale, à la discrimination religieuse ou à toute autre forme de discrimination. Il doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, d’amitié entre les peuples, de paix et de fraternité universelle, et dans le sentiment qu’il lui appartient de consacrer son énergie et ses talents au service de ses semblables. »
Il s’agit donc de déterminer des critères sur les parents potentiels pour respecter les droits de l’enfant.
Comment faire ? Comment définir, dans une loi, les critères à respecter pour « être un bon parent » ?
Des critères valent-t-ils plus que d’autres ? Autrement dit, vaut-il mieux être riche et bien portant que pauvre et malade pour avoir le droit d’adopter ? (j’exagère, mais vous voyez l’idée)
D’autant qu’à coup de spécialistes, d’experts et…. Savoir ce qui est bon pour un enfant relève de la gageure.
Et pourtant, cela se fait déjà, puisque les couples candidats à l’adoption doivent remplir des dossiers, subir des enquêtes afin d’avoir le sésam permettant l’adoption. Des critères existent donc déjà. Sont-ils pertinents ?
En cas d’adoption, le droit à la parentalité est encadré, limité par les droits de l’enfant, selon certains critères. Il faut respecter les critères AVANT de pouvoir adopter. Dans le cas de parents pouvant avoir des enfants naturellement, si certains critères apparaissent (maltraitance, etc), alors l’enfant est placé. Les critères sont donc là… A POSTERIORI.
Si la parentalité est un droit, alors ne serait-ce pas une inégalité ? (et oui, j’exagère toujours)
Revenons-en à nos critères de « sélection du parent ». Comment peut-on dire, de quel droit pourrait-on dire, qu’un enfant élevé par un couple homosexuel serait moins heureux qu’un autre ? Ou par un couple ayant dépassé l’âge de la procréation ? Ou par une femme seule ? Par des personnes ayant un handicap ???
Vous pourriez me dire, concernant l’adoption par les couples homosexuels, « l’enfant a besoin d’un mère et d’un père pour se développer ». Et alors que dire d’un enfant qui a perdu son père/sa mère ? Dont l’un des parents n’a qu’un droit de visite limité en cas de divorce ? Je ne vois pas comment cela est possible, sauf à se fonder sur des principes idéologiques, des principes culturels.
Si la parentalité est un droit, il faut garantir l’accès à ce droit à tous les individus qui en ressentent le besoin. On « doit » donc autoriser adoption, mais aussi fécondation in vitro, méthodes médicales de toutes sortes (je n’y connais absolument rien), et mère porteuse ?
2) NON
La parentalité n’est pas un droit, c’est quelquechose de naturel. On peut en avoir, ou pas.
Ce qui est naturel est normal. Ce qui est normal favorse le développement de l’enfant, notamment vis-vis du regard des autres, qui peuvent stigmatiser une différence.
Que les droits de l’enfant soient ou non respecté n’est pas le problème, au départ. Il s’agit de quelquechose de naturel, et si, les droits de l’enfant ne sont pas respectés, alors on intervient, à posteriori
Si la parentalité doit rester quelquechose de naturel, dans ce cas, exit les FIV, méthodes d’assistance à la procréation, etc., puisque ce sont des actes qui vont à l’encontre de la nature.
Voici l’état de mes interrogations… A vous lire !!!
Ne pas confondre parentalité et procréation. Des parents peuvent être déchus de leurs droits et se voir retiré leurs enfants. Mais on ne peut interdire à quelqu’un de procréer.
Le droit est une notion sociale. Sans société, pas de droit puisque le droit est une possibilité d’agir que l’état concède au citoyen. A ne pas confondre avec le « droit à » qui es une prestation
que la société accorde au citoyen.
Dans le cas d’une adoption, on se trouve dans le cas où l’enfant existe déjà. La société examine alors la capacité des parents potentiels a exercer leur parentalité.
Dans le cas où un enfant est né de ses parents biologiques (il existe), la société peut toujours (elle ne le fait pas assez souvent, c’est vrai) examiner la capacité des parents à assurer le
bien-être matériel et moral de l’enfant.
Voilà.
J’ai également fait au moins un article à ce sujet, dont « avoir un enfant est-il un droit ? ». je pense pour ma part que ce n’est pas un droit mais une faculté que l’on possède ou non, et sa
prise en charge par la société (PMA) est discutable.
Dr WO
A mon avis, il faut arrêter toutes ces histoires tordues. Si les gens veulent se
comporter d’une certaine façon et que c’est compatible avec la loi et l’ordre public, il n’y a pas de raison de les en empêcher. De là à reconnaître le droit au mariage aux pédérastes il y a une
grosse marge, et si l’on y rajoute le droit à
être parents alors il faut aller jusqu’au bout et leur proposer d’enfanter naturellement, ce qui est leur droit le plus strict…à condition qu’ils y arrivent.
Amitiés.
Merci d’avoir partagé vos réflexions!
Merci Doc.
euh, PMA pour Procréation Médicale Assistée?
Pas faux…
de toute façon les homos qui veulent un enfant savent comment faire même si c’est le parcours du combattant : aller à l’étranger, trouver un autre couple homo partant pour l’aventure, adopter en
déclarant être célibataire etc. Comme de toute façon l’homoparentalité existe, je pense qu’il faut faire en sorte d’encadrer ces familles et de leur apporter la sécurité comme à n’importe quelle
autre famille. Si le parent « officiel » décède, imagine l’enfer pour le petit orphelin qui sera placé alors qu’il a un autre parent qui l’aime tout autant que le défunt et qui s’en occupe depuis
sa naissance : double trauma !
C’est vrai que je pense qu’avoir des parents homosexuels ne doit pas être évident et que la présence d’un homme et d’une femme à la maison est le scenario idéal. Sauf que la vie ne l’est pas.
Comme tu le dis si bien, les veufs, les divorcés ou autres mères célibataires qui ont fait « seules » un enfant n’entrent pas non plus dans le schéma idéal. Je pense que les gens ont peur de
l’inconnu donc l’homosexualité en est une pour les hétéros, ils ont peur des caricatures persuadés que le gamin deviendra forcément un homo. Mais il suffit d’ouvrir les yeux : j’ai deux amies qui
ont été mariées et qui ont eu des enfants pour se séparer et se mettre avec une femme car elles avaient « refoulé » sous pression familiale. A mon avis mieux vaut un parent aimant, bien dans ses
baskets et homo qu’un hétéro tyran et perturbé. C’est très bateau cet argument je te l’accorde mais ça reste néanmoins évident à mes yeux. La parentalité est pour moi un droit et donnons-le aux
homosexuels.
Merci de ton commentaire. La peur selon laquelle l’enfant élevé par des homos deviendra homo est, à mon sens, sans fondement… Pour preuve, il y a bien des enfants qui deviennent homos avec des
parents hétéros… CQFD
Jolie réflexion sur la parentalité qui me laisse pleine d’interrogations à mon tour..
Merci 🙂 J’espere que tes interrogations seront fructueuses!